Bohol : une plongée… au cœur de la jungle!

« This is the end, 

Beautiful friend, 

This is the end, 

My only friend, the end »

(The End by The Doors, bande originale du film Apocalypse Now)

Certes nous ne sommes pas au Vietnam, le Napalm n’est jamais tombé sur la végétation de cette célèbre île des Philippines et nous sommes bien loin de l’enfer. Mais comment ne pas avoir cette musique en tête, assis dans une longue barque progressant tranquillement vers l’intérieur des terres, sur la rivière Loboc bordée d’une dense forêt tropicale.

Petit point culture G en passant, sachez que le film a été tourné à Louzon, une île au nord de l’archipel des Philippines.

Un havre de paix pour se ressourcer

Bohol est connu pour ses plages bondées du sud et pour offrir de bons spots de plongées. Et pourtant, la seule plongée que nous ferons sera dans la nature du cœur de cette île, rustiquement installés dans notre bungalow sans électricité de Nuts Huts à quelques coups de rames du village de Loboc. Devant nous, la rivière, paisible. Tout autour, une jungle luxuriante recouvrant les pentes vallonnées surplombants le lieu. Seul le passage régulier de bateaux « karaokés »* vient troubler la quiétude de ce coin tranquille, loin de tout.

Outre la détente, la lecture et les discussions avec d’autres voyageurs, nous entreprenons l’exploration des alentours avec un guide local lors d’une balade pédestre matinale. Rien de tel qu’une bonne ascension pour élever son point de vue, se dégourdir les jambes et évacuer quelques litres de transpiration. Malgré l’ombre que nous procurent les arbres, l’air est lourd, humide. Seules les grottes de chauves-souris nous procurent un peu de fraicheur tout en nous faisant découvrir deux espèces locales de l’animal : des chauves-souris insectivores et des chauves-souris fructivores aux yeux rouges luisants. Ce n’est pas la première fois que nous visitons des grottes remplies de ces mammifères qui dorment la tête en bas, mais leur concentration ainsi que leur proximité rendent l’expérience surprenante.

Sur le chemin du retour, Marie se laissera tenter par une tyrolienne reliant les deux côté de la vallée surplombant la rivière. Allongée la tête la première, elle s’élancera à toute allure, non sans une petite appréhension, à 200m de haut au dessus du vide. Frissons garantis !  Surtout que le freinage ne se fait qu’au tout dernier moment, donnant une inquiétante sensation que vous allez vous « crasher », propre à provoquer une belle montée d’adrénaline.

Quelques endroits à découvrir à Bohol

L’une des grandes attractions de l’île se nomme les Chocolate Hills (les collines de chocolats). Ce sont des monticules, de formes pyramidales (sorte de cônes renversés), de quelques dizaines de mètres de haut éparpillés les uns à côté des autres tels une boîte de chocolat. Cela donne un paysage tout particulier. Drôle, mais à l’intérêt limité.

L’autre curiosité de Bohol tient à la découverte d’un animal curieux et insolite dans son habitat naturel : le tarsier. Cela ne vous dit rien ? Allez faire un petit tour sur l’article que nous lui avons consacré pour en découvrir davantage sur cet attachant petit primate à la tête de Gremlin.

Entre ces deux visites, nous avons fait une pause déjeuner pique-nique et détente dans un bras de rivière éloignée de la route principale, bercé par de petites chutes d’eau. Rien de tel qu’une petite baignade pour refaire le plein d’énergie. Sur place, 4 jeunes pêchent des poissons avec un harpon de fabrication artisanale: un morceau de bois en forme de pistolet, une tige de métal pointue posée par dessus, reliée au manche par un gros élastique. Rustique, mais efficace.  Leurs faibles notions d’anglais et notre méconnaissance totale du dialecte local annihilent tout échange verbal. Quelques gestes nous permettront cependant de connaître leurs noms et leurs âges. Qu’à cela ne tienne, cela n’empêche pas Jérôme de s’amuser avec eux en faisant quelques sauts du haut des chutes d’eau.

Une préparation avant notre isolement sur Pamilacan

Même si nous prenons soin de voyager à notre rythme, sans avoir à changer de lieu tous les jours, nous commençons à ressentir le besoin d’une pause. Notre petit bungalow perdu dans la jungle fut parfait pour amorcer ce décrochage, bien isolé de la zone touristique du sud de l’île (Panglao) et séparé d’une connexion internet par les quelques centaines de hautes marches menant à l’espace commun de l’hôtel. Ça y est, nous sommes maintenant prêt pour aller nous échouer au milieu des pêcheurs de requins-baleines sur la minuscule île de Pamilacan.

PETITS CONSEILS PRATIQUES

(*) À savoir :

Une des excursions courues de Bohol consiste à embarquer sur un bateau plat pour découvrir la rivière de Loboc et ainsi admirer la jungle de Bohol depuis l’intérieur. Cependant, cette activité qui pourrait consister en une promenade bucolique s’est transformée au fil des années en une balade en groupe sur des restaurants flottants avec buffet, boissons alcoolisées à volonté et karaoké (dont les asiatiques, et en particulier les Philippins, raffolent !). Ce qui altère considérablement le cadre paisible du lieu ! Heureusement, ces croisières n’ont lieu que pendant quelques heures en milieu de journée. Ensuite, la rivière retrouve très vite sa quiétude. Dormir au bord de la rivière Loboc permet d’observer la faune et la flore de la forêt tropicale d’une manière beaucoup plus apaisée. Alors préférez cela à la « croisière karaoké » !

Hébergement au pied de la rivière de Loboc :

Nuts Huts où nous avons payé 900 Php/nuit (2015) pour un bungalow privé pour deux (rudimentaire, moustiquaire sur le lit, eau froide). Ambiance backpacker. L’endroit a un charme fou. Cependant,

  • Il faut savoir qu’il est difficile d’accès. Heureusement, le site internet explique très bien comment y accéder (2 options: route+bateau ou route+marche).
  • Il faut réserver à l’avance (nous l’avons fait l’avant-veille de notre arrivée et avons confirmé notre venue le jour J par téléphone).
  • Le grand bungalow qui sert d’accueil, de restaurant et de lieu de détente (avec des hamacs et une belle vue) est situé en haut du site. Il y a donc beaucoup de marches (et c’est épuisant !) entre le bungalow où vous dormirez et le grand bungalow. Il faut donc être en bonne condition de santé et prêt à « suer » !

Le grand bungalow offre un lieu idéal pour rencontrer d’autres voyageurs et donne envie d’y lézarder au moins une après-midi ! Le service de restauration sur place est plutôt sympa (Bonne cuisine même si c’est un peu plus cher qu’ailleurs mais vous n’aurez pas d’autres choix pour manger de toute façon !). Le petit plus qu’on a apprécié : ils vendent aussi des sandwichs pour avoir un lunch avec soi si vous partez en excursion.

Nuts Huts offrent aussi la possibilité de louer des motos sur place (très pratique et nécessaire pour explorer l’île de manière indépendante!).

Nuts Huts est en contact avec des locaux et proposent des excursions privées dans la jungle avec ces guides. Nous avons expérimenté une de ces balades pédestres, et nous avons beaucoup aimé. Ils ont aussi un cahier avec pleins de recommandations sur les excursions à faire dans Bohol.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *