Hpa-An, royaume des sourires et des grottes sacrées

Hpa-An (à prononcer « Pa-An ») est une petite ville située à 300 km de Yangon (7 heures en bus). En dehors des circuits touristiques classiques, elle attire surtout les voyageurs en quête de nature et de tranquillité. Profitez-en, ça risque de ne pas durer longtemps ! Les alentours de la ville recèlent de magnifiques paysages, de grottes tortueuses à explorer et de petites montagnes à grimper. De plus, ses habitants sont vraiment adorables et ont l’air ravi de vous voir dans leur région. Par ailleurs, cette petite bourgade rurale offre également à ses visiteurs un marché où l’on croise des charrettes et des vélos d’antan. Nous y sommes restés deux jours complets et nos journées furent riches en découvertes !

L’exploration en scooter

Dans un coin comme Hpa-An où le fait de prendre son temps, de profiter des paysages et de se laisser perdre dans les chemins entre deux « attractions » est ce qu’il y a de plus plaisant, rien ne vaut la liberté qu’offre la motocyclette. Nous décidons donc de louer une vieille bécane manuelle négociée auprès de l’hôtel et dont l’indicateur de vitesse, comme celui d’essence, ne daignent fonctionner. Nous commençons à être habitué au drôle d’état des motos et après avoir apprivoisé la conduite manuelle dans les montagnes de Mae Hong Son, rien ne nous fait plus peur !

Une partie des chemins permettant d’accéder aux différents sites sortent de la route principale bétonnée. Celui qui nous mène à la Suddar Cave est d’ailleurs digne d’une épreuve du Paris-Dakkar tellement la route est garnie de trous et de cailloux de toutes tailles que nous affrontons vaillamment avec notre petit deux-roues. Quant au chemin entre cette grotte et le jardin de Lonbani au pied du mont Zwegabon, c’est une véritable piste de terre rouge digne des plus beaux paysages africains ou andins qui se dévoile devant nous. Une vraie merveille !

Mais encore faut-il pourvoir les trouver ces beaux chemins. Car la carte fournie par notre hôtel n’est qu’un schéma ne permettant à Marie, le co-pilote, de donner au mieux des indications aussi précise que « ça va être un chemin sur la droite ». Ce manque de précisions nous force à nous arrêter fréquemment afin de demander notre route aux personnes que nous croisons ; et c’est un vrai bonheur de les voir tenter de nous expliquer, seul ou à plusieurs, tantôt par quelques mots d’anglais, tantôt par des gestes accompagnés d’une explication en birman, la direction à prendre.

La gentillesse des locaux

A peine éloignés de la ville, presque toutes les personnes que nous croisons nous saluent. Un geste de la main, un coup de klaxon, un « Mingalaba » ou un « Hello » nous sont adressés sur notre passage. Le chaland au bord de la route, les cyclistes que nous dépassons, les écoliers que nous croisons ou même les occupants des véhicules motorisés, tous affichent un sourire franc, à peine voilé d’un peu de timidité à notre encontre. Nous sommes même parfois obligés de nous tourner chacun vers un côté de la route afin de répondre à toutes leurs salutations. La bécane n’est par moment pilotée qu’à une main, l’autre s’agitant frénétiquement pour saluer les passants tel un dignitaire en représentation. Cette somme de contacts autant furtifs que chaleureux fait apparaître sur nos visages d’immenses sourires qui ne nous quitterons plus de la journée.

Lors d’un arrêt pour photographier un champ, un paysan s’approche et engage la conversation, en birman bien sûr. Nous comprenons que les vaches que nous voyons sont les siennes. Puis, par ses gestes désignant à la fois l’appareil photo autour du cou de Marie, lui et moi-même, nous devinons qu’il veut prendre une photo en notre compagnie. Nous nous prêtons chacun notre tour avec joie à l’exercice et il semble ravi du résultat que nous lui montrons. Après une chaleureuse poignée de main et de grands sourires, nous nous quittons ravis de cette rencontre inattendue. D’ailleurs l’expérience de la photo se répètera à plusieurs reprises au cours de la journée. Les plus timides nous prennent en photo à la sauvette avec leur téléphone quand les plus avenants viennent prendre la pose à nos côtés. Nous suscitons l’intérêt et nous retrouver pour une fois de l’autre côté de l’objectif n’est que le juste retour des choses.

Par ailleurs, le deuxième jour, nous décidons d’aller nous baigner au water lake (une sorte de piscine aménagée au pied d’une cascade, malheureusement asséchée en saison sèche) et comme nous sommes dimanche, le plan d’eau est occupé par de nombreux locaux qui s’y baignent tout habillés (la pudeur est de rigueur ici, les bikinis n’existent pas). Jérôme se jette à l’eau en short et t-shirt tandis que Marie l’observe depuis la berge. Il s’installe rapidement non loin d’un groupe de jeunes pour provoquer une rencontre. Cela ne manque pas. Curieux, les jeunes garçons se rapprochent de Jérôme et engagent la conversation avec le peu de mots d’anglais qu’ils maitrisent. Ils s’amusent beaucoup de la présence d’un touriste occidental. Ils filment Jérôme avec leurs téléphones et demandent à prendre des « selfies » ensembles. L’échange est difficile car leur maîtrise de l’anglais est précaire, mais nous nous amusons à sauter dans l’eau et nous nous défions à travers une course à la nage.

Les attractions

Hpa-An jouit de nombreux lieux à visiter et pour une fois, il n’y a pas que des pagodes !

Kaw Ka Thong Cave. Ce petit temple possède une cavité où repose un Bouddha et quelques sculptures sympathiques dans la roche. Mais, le plus spectaculaire c’est l’alignement de statues de moines à l’entrée du site qui s’étend sur une centaine de mètres, ainsi que le joli ponton de méditation qui s’avance sur un petit lac.

Saddar Cave. Nous tombons sous le charme de cette grotte dès l’entrée où se trouvent de grandes statues mais surtout des sculptures murales dorées assez originales. C’est comme avec les nuages, vous pouvez y deviner pleins de formes différentes. Par la suite, on ne peut qu’être frappé par la taille de cette grotte, les hauts plafonds donnant un volume d’espace agréable si l’on est un peu claustrophobe sur les bords tout en gardant les chauves-souris loin de nos têtes. Le chemin, éclairé par intermittence par des lampes fluorescentes, s’enfonce sur près d’un kilomètre avant de ressortir de l’autre côté de la montagne avec une vue sur un lac encerclé par des collines. Comme toutes les autres grottes sacrées, il faut la parcourir pieds nus !

À la sortie, vous pourrez vous faire plaisir en prenant une petite pirogue sur le lac pour vous ramener vers l’entrée de la grotte en passant au travers des rizières alentours. C’est fou comment se laisser porter au fil de l’eau devant de magnifiques paysages procure un moment de détente incroyable.

Mais avant de nous offrir ce petit cadeau, nous apercevons à une centaine de mètres sur notre gauche une seconde grotte où personnes ne semble aller. Un moine garde son entrée, tranquillement installé dans une chaise longue. Une statue de Bouddha se trouve à l’intérieur du lieu à l’intérêt limité si ce n’est pour les spéléologues en herbe qui veulent explorer une grotte à la seule lumière de leur lampe frontale. Courageux mais pas téméraire, Jérôme ne s’avance que de quelques dizaines de mètres alors que Marie l’attend sagement à la sortie.

Le champ de Lonbani. Constitué de plusieurs milliers de statues de bouddhas disposées à perte de vue, cet alignement unique au pied de la montagne est spectaculaire et paraît quelque peu surréaliste. Trouver le bon angle pour faire une photo représentant cette immensité n’est pas évident. Jérôme en est même venu à porter Marie sur ses épaules pour un point de vue plus aérien. Cependant, le site est en train de subir d’importantes modifications avec l’ajout de toits rouges individuels pour chacune des statues. Les autorités birmanes ont la fâcheuse tendance à moderniser leurs héritages culturels et historiques en les transformant plutôt que de les restaurer de manière fidèle à l’aspect original.

Monastère Kyaukalat Pagoda. Lieu plutôt amusant par son aspect. En effet, le monastère est situé sur un petit ilot de terre entouré d’eau où se dresse un piton rocheux. Et bien sûr, une stupa est construite dessus ! L’avantage est que ces quelques mètres de hauteur permettent d’avoir une belle vue à 360 degrés sur les alentours.

La grotte de Yathepyan. C’est la grotte qui nécessite de grimper le plus de marches d’escalier pour pouvoir y entrer. Mais une fois en haut, c’est un plaisir de reprendre notre souffle en admirant la belle vue sur l’horizon que cette hauteur procure. De plus, les statues de bouddhas géants à l’intérieur forment un ensemble harmonieux. Et si vous estimez que vous n’avez pas les pieds encore assez sales ou que vous adorez faire de la spéléo à la frontale, il est également possible de traverser cette grotte pour atteindre une ouverture de l’autre côté de la montagne. Nous avons été enchantés par les stalactites et autres formations rocheuses assez originales de cette grotte.

La Bat Cave. Sans doute le lieu le plus connu avec le champ de Lonbani. La Bat Cave a la chance d’offrir deux activités en un même endroit. La première consiste à grimper sur les hauteurs pour admirer les superbes couleurs que procure le soleil de fin de journée sur le fleuve et les montagnes environnantes. Et la seconde, comme l’indique le nom du lieu, n’est autre que l’observation d’un dense flot de chauve-souris qui s’échappent de la grotte de manière ininterrompue pendant une dizaine de minutes lorsque le soleil se met à plonger derrière les montagnes.

Notre recommandation : foncez à Hpa-An !

Hpa-An a été notre première escale en Birmanie et nous a complètement charmé. Ce lieu reste, même après 28 jours de voyage dans le pays, l’un de nos plus beaux coups de cœur, tant par les sourires que nous ont offert sa population que par l’originalité des lieux que nous avons visités. Deux jours pleins ne furent pas de trop pour profiter de Hpa-An.

 

Petits conseils pratiques 

  • Pour s’y rendre, des bus partent régulièrement de la gare routière de Yangon au tarif de 5000K/pers. Certains essaieront de vous les vendre plus cher sous de multiples prétextes, mais résistez ! Nous les avons achetés quelques minutes avant le départ directement à la gare, mais il est aussi possible de se les procurer au travers de votre hotel/guesthouse ou d’une agence au centre-ville de Yangon.
  • Au lieu de louer un scooter (6,000K/jour), il est possible d’explorer les attractions autour de Hpa-An à l’aide d’un tour organisé en « moto-pick-up » (groupe de 6 personnes maximum), proposé par les diverses guesthouses (30,000K pour le véhicule à diviser selon le nombre de passagers). Cette solution est plus simple si vous avez peur de vous perdre mais elle ne vous laisse pas libre dans la gestion de votre temps et de votre itinéraire. (1000K=1$US)
  • Au niveau logement, nous avons été satisfaits de notre séjour à la Golden Sky Guesthouse (20$US pour une chambre avec lit double, avec salle de bain privée et eau chaude, incluant le petit-déjeuner sur une terrasse avec une belle vue). Ils nous ont aussi permis de prendre une douche gratuitement le soir avant de prendre notre bus de nuit. En revanche, le personnel pourrait être plus sympathique.

2 réflexions au sujet de « Hpa-An, royaume des sourires et des grottes sacrées »

  1. On vient de réserver nos billets pour la Birmanie il y a deux jours de ça et cet article nous conforte encore plus (s’il y avait besoin^^) dans notre envie de visiter cet incroyable pays. Nous ne manquerons certainement pas de visiter Hpa-An. Vous donnez vraiment envie dans cet article, c’est très bien écrit et on y trouve de très jolis photos. Continuez de vous, nous, émerveiller ! Vraiment merci.

    • Merci pour ce gentil commentaire qui nous encourage à produire d’autres beaux articles sur la Birmanie! Vous avez fait le bon choix quand à la destination, c’est vraiment un pays qui vaut le détour! :). Si vous avez des questions dans les préparatifs de votre voyage et qu’on peut vous renseigner, n’hésitez pas à nous écrire. Encore merci pour vos encouragements!

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