Le contact avec la population attachante du Myanmar

Bien qu’en forte croissance ces dernières années (50% de croissance annuelle depuis 2012 pour atteindre près de 3 millions de visiteurs en 2014), le développement du tourisme est encore embryonnaire au Myanmar (Birmanie) en comparaison avec ses voisins d’Asie du Sud Est. Depuis l’indépendance du pays en 1948 (auparavant colonisé par l’Empire britannique), la présence d’étrangers et en particuliers d’occidentaux fut limitée dans le pays.

Selon notre vécu, l’attitude envers les touristes varie fortement selon l’endroit où l’on se trouve dans le pays. Deux paramètres semblent entrer en compte et pourraient d’ailleurs s’appliquer dans les pays occidentaux: la taille de la ville et l’attrait touristique du lieu.

Les métropoles, souvent lieu d’indifférence et d’anonymat

Dans les grandes villes tels que Yangon ou Mandalay, vous avez l’impression d’être un individu parmi les millions d’autres qui grouillent autour de vous. Cette immensité couplée au fait que l’étranger, qu’il soit touriste ou expatrié, est monnaie courante dans les rues de la ville ne génère qu’une indifférence à votre égard. Cette généralité ne peut bien sûr qu’aller de paire qu’avec une exception qui confirme la règle : arrêtés sur notre scooter à un feu rouge à Mandalay, le monsieur de la voiture d’à côté a absolument tenu à nous offrir des clémentines. Il ne parlait pas un traître mot d’anglais, mais son sourire et ses bras qui nous tendent un sac de clémentines par la fenêtre ne laissaient guère de place au doute. Nous en avons donc pris deux que nous avons mis dans nos poches, le feu passant déjà au vert et nous nous sommes quittés d’un geste de la main. Nous pouvons citer également « Mama » la gérante de l’auberge dans cette même ville qui accueille des voyageurs jusque dans son salon et enguirlande toute personne voulant charger un prix trop élevé à un touriste.

Alors les petites villes c’est mieux? Pas forcément…

À l’opposé des métropoles, il est difficile de passer inaperçu dans les petites villes de province. Pour le coup, vous êtes un véritable centre d’intérêt, que l’on observe, salue ou carrément que l’on aborde pour discuter. C’est là qu’intervient notre second critère sur l’attractivité touristique du lieu. Car dans les lieux très visités, il arrive que l’opportunité commerciale que représente un touriste prenne le pas sur le lien humain.

Bagan est le parfait exemple de l’impact pervers que peut avoir le tourisme sur l’attitude des gens. Dans ces endroits qui voient débarquer des centaines de touristes quotidiennement, l’offre de services est évidemment plus développée qu’ailleurs. Mais cette concentration de « porte-monnaie sur pattes » engendre des déviances telles que la mendicité (à forte dose de culpabilisation) ou le fait que les enfants tentent de vous vendre des cartes postales et des dessins ou demandent simplement de l’argent de manière insistante. Il y a bien sûr un problème de fond derrière cela qui mériterait un article en soi, mais l’expérience touristique et humaine est de fait moins agréable et une méfiance vis à vis des gens qui vous abordent s’instaure.

Pour être surpris, il faut parfois sortir un peu des chemins classiques

Nos meilleures expériences et les rencontres les plus marquantes que nous avons vécues se sont déroulées soit dans les petites villes encore un peu à l’écart du principal circuit de visite du pays ou alors lorsque que nous nous sommes baladés dans des endroits résidentiels dénués d’intérêts touristiques où les étrangers ne s’aventurent donc guère. Les treks nous ont également permis de rencontrer des individus rencontrant rarement des étrangers.

Lors du trajet vers Hpa-An, un passager du bus nous offre des « barbes de sucre ». Autour de la ville, c’est un véritable royaume du sourire qui nous accompagne. À Mrauk-U, la surprise est venue lors de notre promenade dans les petites rues habitées de la ville (loin des temples) où chacun de nos arrêts attirait les foules et où Jérôme a pris part à une partie de « pétongs » avec des enfants (une sorte de pétanque avec des tongs). Lors du trek entre Kalaw et le lac Inle qui est pourtant assez populaire, nous avons pu croiser un groupe de Pao rentrant du marché de la ville voisine et avec qui nous avons partagé des vivres et échangé beaucoup de rires. Lors de la marche, des jeunes filles ont également approché Marie pour venir lui serrer la main et ainsi établir un contact tactile.

Conclusion : l’expérience humaine birmane vaut le détour!

Globalement, nos impressions sur l’attitude des Birmans vis-à-vis des étrangers sont extrêmement positives et nous nous sommes sentis très bien accueillis. Il y a bien sûr des disparités selon les lieux qui répondent à des critères similaires à ceux de l’Occident (grande vs petite ville, lieux plus ou moins touristiques), mais dès que vous sortez un peu des chemins principaux et que vous rencontrez des gens moins exposés aux touristes, vous découvrez des individus curieux, généreux et qui ont envie d’entrer en contact avec vous. Alors un conseil, faites le premier pas et allez à leur rencontre!

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