Le trek entre Kalaw et le lac Inle : une magique immersion dans les montagnes birmanes

Nous nous sommes dirigés vers le village de Kalaw depuis Yangon uniquement dans l’intention de nous offrir un trek de trois jours entre Kalaw et le lac Inle. Cette région est idéale pour une randonnée et fut un de nos « Top 3 coups de cœur » en Birmanie.

Trois jours à arpenter des paysages sublimes et diversifiés

Ce trek s’avère très différent de celui que nous avons déjà fait en Thaïlande et nous sommes très heureux d’avoir pu vivre une expérience toute autre. Ici, nous allons chaque jour beaucoup marcher: 20 km, 23 km et 15 km. La marche n’est pas techniquement difficile sinon par le nombre de kilomètres qu’il faut parcourir sous un soleil tapant. Nous avons sans cesse de sublimes points de vue. Nous traversons une région « civilisée » (par opposition à une région plus reculée que peut représenter la jungle) parsemée de champs et plantations cultivés par les villageois des alentours. Nous rencontrons des villages appartenant à cinq ethnies différentes : Pa-Laung, Danu, Pa-Oh, Taung-Thu et Inntha. Cela nous permet de prendre conscience de la diversité ethnique du Myanmar. Ces ethnies se distinguent autant par les habits qu’ils portent que par leurs langues, leurs traditions et le type de produits agricoles qu’ils cultivent.

Nous sommes en saison sèche et cela se remarque tout de suite. La terre est ocre et poussiéreuse sur les chemins. Le paysage semble être brûlé par le soleil. Il n’a pas plu une seule goutte d’eau depuis plusieurs semaines. Malgré cela, les paysages qui se succèdent au cours de ces 3 jours sont beaux, colorés et contrastés. Des zones boisées détonnent avec des zones plus désertiques. Les champs sont pour la plupart en jachères, prêts à être cultivés avec l’arrivée de la pluie.

L’occasion de faire de belles rencontres

Certes les paysages nous ont charmé, mais c’est aussi l’aventure humaine qui a rendu si merveilleux ces trois jours de randonnée. Nous avons fait, grâce à ce trek, de belles rencontres, avec les villageois et locaux que l’on croise sur la route ou qui nous accueillent la nuit chez eux, mais aussi avec notre guide locale et même nos co-trekkeurs voyageurs.

Notre guide, July, est expérimentée. Elle parcourt la région en tant que guide depuis plus de cinq ans. Son anglais est d’ailleurs excellent. Tout au long du trek, elle nous donnera des infos très intéressantes sur la région, la culture locale des ethnies et du Myanmar. D’ailleurs, July vit dans l’état majoritairement Shan mais sa mère est Pa-Oh et son père Danu. Elle incarne à elle-seule la diversité ethnique du pays. Elle parle les deux dialectes de ses parents en plus du birman et de l’anglais. Elle peut ainsi mieux échanger avec les gens des ethnies que nous rencontrons et chez qui nous dormons. July profitera des instants au calme le soir pour discuter avec nous et répondre à nos multiples questions de curieux voulant mieux comprendre son pays. C’est ainsi que nous apprenons davantage sur les particularités du Bouddhisme tel que pratiqué au Myanmar, l’histoire du pays, la vie des ethnies et leurs situations politiques. Elle profite aussi des ces instants sous un magnifique ciel étoilé pour nous compter quelques unes des légendes Pa-Oh. Nous écoutons ses histoires aussi captivés que des enfants écoutant leurs parents leur lire un fabuleux conte au bord du lit.

Nos compagnons de trek (Brit et Tamar, deux amies israéliennes ; et François et Silvia un couple Franco-Mexicain) sont très sympathiques et nous discutons de sujets variés en chemin, pendant les pauses et repas. C’est toujours une expérience riche de partager des moments de dialogue avec des voyageurs aux profils et origines variés. Nous apprécions ces rencontres qui nous inspirent et nous font réfléchir sur nos propres questionnements de voyageurs et citoyens du monde.

En chemin, nous croisons de nombreux villageois au labour dans les champs, d’autres revenants du marché avec leur commission, et d’autres ramenant de l’eau sur leur charrette tirée par des bœufs. Nous leur offrons nos plus beaux sourires en réponse à leurs regards curieux et amusés de notre présence.

Les petits détails du quotidien : se nourrir, se laver, dormir

A notre grande surprise, la nourriture est également un vrai régal. Un cuisinier attitré nous rejoint à chaque repas afin de nous préparer des splendides et copieux assortiments de mets qui nous font découvrir les spécialités locales. De plus, des pauses thé et des snacks viennent nous redonner du courage quand la marche nous paraît désespérément longue.

Le soir, nous passons la nuit chez l’habitant, dans les villages. La rusticité à l’état pur ! Nous dormons dans une salle commune les uns à côté des autres, dans nos sacs à viandes emmitouflés entre la couverture nous servant de tapis de sol et celles nous permettant d’affronter les températures fraîches de la nuit.

Et pour nous laver, nous n’avons d’autres choix que d’affronter au crépuscule l’eau glaciale collectée dans un bidon d’eau. Un petit récipient en plastique pour nous verser l’eau sur la tête, une palissade de bois pour un semblant d’intimité, un peu de courage et hop, ça enlève toute la fatigue musculaire !

Quelques anecdotes et moments privilégiés

Un moment de partage au propre comme au figuré

Lors de notre deuxième jour de marche, nous avons rencontré une famille Pa-Oh en pause sur le bord du sentier. July entame une discussion avec eux dans leur dialecte. Ils nous invitent à nous asseoir à leurs côtés et à partager leurs galettes achetées au marché quelques heures plus tôt (sorte de biscuit de riz soufflé). Nous sommes témoins de la générosité de ces gens, pour qui il est impensable de ne pas nous offrir le peu qu’ils ont. Leurs sourires et leur bienveillance nous touchent beaucoup. Jérôme leur offre à son tour quelques brioches que nous avions dans nos sacs. Ils ont l’air heureux de pouvoir échanger avec ce groupe hétéroclite de 6 trekkeurs « blancs ». Ils acceptent qu’on leur tire quelques portraits et rient à nous entendre répéter quelques mots appris en Pa-Oh.

Thanaka et Betel : une amusante immersion aux pratiques locales

Un matin, July a la gentillesse de mettre du Thanaka sur le visage des filles. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur cette coquetterie du Myanmar. Nous sommes heureuses d’arborer cette pâte traditionnelle portée par toutes les birmanes pour se protéger du soleil, hydrater la peau et tout simplement « être jolie ».

Quant aux garçons, ils essayeront à la pause du midi le betel, mélange à mastiquer à effet énergisant dont de nombreux locaux raffolent. Le betel est un assemblage de tabac, de chaux, d’épices, et d’une sorte de noix (noix d’arec ou noix de betel – qui donne la couleur rouge) enrobés dans une feuille d’un arbre local (le betel). Tel de la chique à tabac, il faut mastiquer l’ensemble pendant quelques minutes et cracher sa salive, devenue rougeâtre, régulièrement, jusqu’à avoir consommé l’ensemble de la substance. D’ailleurs, en Birmanie, nous apercevons très souvent des gens aux dents abîmées et rougies suite à la consommation intensive de cette « gourmandise ». Nous serons très étonnés de retrouver quelque chose de très semblable (avec les mêmes ingrédients) dans le Nord Luzon aux Philippines, un mois plus tard. Ce mélange à mâcher est grandement addictif (la présence du tabac jouant un rôle certain). Il est consommé par plaisir et pour son effet énergisant qui permet de rester éveillé (les conducteurs en sont donc très friands).

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt

Le troisième jour, nous décidons de nous lever aux aurores et de commencer la marche alors que le soleil vient à peine de se lever dans le but d’arriver plus tôt au lac Inle. Nous assistons au réveil du village, quelques villageois s’affairent autour de feux pour faire bouillir le thé du matin tandis que les bœufs et les animaux du village qui les entourent semblent avoir un regard eux-aussi endormi. La marche débute dans une ambiance brumeuse et cela provoque une atmosphère magique. Nous entamons la journée silencieusement, observant le réveil de cette nature et nous sentant extrêmement privilégiés d’assister à un tel spectacle.

Nous finirons ces trois jours de marche par une délicieuse promenade en pirogue sur le Lac Inle nous promenant entre les maisons sur pilotis et les jardins flottants des Inthas.

Petits conseils pratiques

Le trek entre Kalaw et le lac Inle est un trek plutôt reconnu et de nombreuses agences à Kalaw offrent la possibilité de le faire. Malgré la popularité de ce trek, nous avons croisé très peu d’autres groupes de randonneurs lors de la marche (chaque agence devant avoir ses propres chemins, et/ou les horaires de marche sont décalés). Nous avons passé une après-midi à nous promener dans Kalaw pour rencontrer les différentes agences et comparer les offres et les prix (Attention, les prix varient beaucoup et il est parfois difficile de comprendre ce qui est inclus ou pas selon l’agence!). Le meilleur rapport qualité-prix nous a semblé être les offres de « Sam’s Family ». Et si nous avons une recommandation à vous faire: faites appel à eux sans hésiter ! Sam’s Family offre la possibilité de faire ce trek en 2-3-4 jours avec des parcours plus ou moins longs/difficiles. Nous avons choisi le circuit 3-jours catégorie « difficile » de Sam’s Family pour 40 000K/pers (groupe de 6 personnes). Tout était inclus : service d’un guide, repas (excluant l’eau), logement chez l’habitant et transfert de nos gros sacs au lieu d’arrivée.

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