Pamilacan: 1,75km2 de tranquilité insulaire

L’avantage de loger dans une auberge de baroudeurs au cœur de la jungle de Bohol (Visayas) est que l’on est sûr de rencontrer d’autres voyageurs qui ont de bons plans d’escapades à partager. C’est ainsi au milieu d’une forêt luxuriante, bordée d’un bras de rivière, que nous avons entendu parler pour la première fois de Pamilacan, petite île d’anciens pêcheurs de requins-baleines perdue au large de Bohol. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour susciter notre curiosité et nous convaincre d’y aller !

Le périple pour atteindre Pamilacan

Première étape : nous rendre au village de Baclayon, localité du sud de l’île de Bohol où le marché hebdomadaire du mercredi attire les habitants de Pamilacan. Le moyen de transport le plus économique est de prendre le bus qui effectue des liaisons entre les villes principales de Bohol. Après quelques minutes d’attente sur le bord de la route, nous apercevons la silhouette d’un bus. Mais à notre grande surprise, il ne ralentira même pas tellement il est plein à craquer. Vingt minutes plus tard, le second bus est en vue. Bien que bien rempli, il semble prêt à nous prendre et commence à se ranger sur le bas-côté mais repartira aussitôt à la vue de nos deux sacs à dos. Trop plein. Lorsque le troisième, tout aussi rempli que les précédents (c’est-à-dire avec l’allée et les pas de portes déjà bondés de personnes debout), s’arrête et nous propose de nous prendre sur le toit, nous ne pouvons qu’accepter.

S’ensuit alors un trajet pour le moins cocasse en compagnie de sacs de riz et de trois compagnons, perchés au sommet de ce vieil autobus. D’entrée de jeu, une descente avec virages en épingle faisant sérieusement pencher le bus nous met dans l’ambiance. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Une fois dans la ligne droite, le bus fait jouer sa pointe de vitesse pour doubler voitures, tuc-tuc ou motos. Rien ne l’arrête. Enfin le coup de grâce : les câbles électriques au-dessus de la route, qu’il faut éviter en courbant l’échine. Jérôme, d’habitude bien tatillon sur la sécurité routière ne peut que prendre sur lui et enjoindre Marie (autrement dit, lui crier dessus) à bien s’accrocher alors que cette dernière, hilare, ne trouve rien de mieux à faire que de tenter de filmer l’aventure avec son téléphone.

Arrivés à Baclayon, nous nous dirigeons vers le port où nous demandons à des pêcheurs si un bateau se rend à Pamilacan. Par chance, il y en a un, encore vide. Nous négocions notre traversée puis attendons une trentaine de minute durant lesquelles la grande bangka se remplira de quidams et de marchandises en tout genre.  La traversée, bien que calme, arrosera la moitié des passagers… situés sur l’autre bord du bateau. Ouf ! Nous arrivons sains, secs et saufs sur la petite île de 1,75 km2 où vivent paisiblement 1500 âmes.

La vie paisible insulaire

La tranquillité et la quête de repos dans un cadre simple est précisément ce qui nous a attirés à Pamilacan. Point d’hôtels luxueux ni même de restaurants sur ce petit bout de terre. Les seuls hébergements que l’on trouve ici sont de rudimentaires bungalows de bois et de bambou construits en bord de plage, appartenant à différentes familles. Nous logeons dans ceux tenus par la famille de WengWeng, tout d’abord dans un de sa tante Beth, puis dans l’un des siens. Un lit sous moustiquaire, un espace toilette-douche au sceau d’eau froide, parfois une petite terrasse devant. Voici tout le confort suffisant pour profiter de ce monde hors du temps. Nous n’avons même pas à nous préoccuper des repas, notre hôte se charge de tout. Et si nous avons besoin d’électricité, il nous faut attendre la fin d’après-midi pour y avoir accès.

L’avantage de cette rusticité et du faible nombre de visiteurs se remarque justement par le fait que nous n’altérons ni le style ni le rythme de vie de l’île. Aucun service particulier ne s’est réellement développé, les blanches plages sont dans leur état naturel, l’eau turquoise ne souffre pas de la présence de déchets et les enfants comme les adultes s’adonnent à leurs activités sans se soucier de notre présence.

Occuper ses journées à Pamilacan

Le rythme de vie de l’île est contagieux et dès le premier jour, nous nous adaptons à cette lenteur insulaire si caractéristique. Lézarder et bouquiner dans les hamacs devant notre bungalow ou sur la plage sont les deux activités principales de nos journées. Mais ce ne sont pas les seules.

L’eau turquoise et les fonds marins offrent de belles opportunités de snorkeling, surtout avec Andy, le frère de WengWeng qui adore emmener ses hôtes en balade. C’est un puits de connaissances sur le monde marin. Coraux, poissons, tortues, étoiles de mer, il nous montre toutes les richesses aux abords de l’île et nous donne une montagne d’explications. Et pour faire comme les locaux, nous empruntons par moment sa mini-bangka pour nous promener en mer à la rame. Un matin, nous sommes aussi allés au sanctuaire, zone maritime protégée où des bancs de poissons colorés slaloment entre des coraux intacts autour desquels vivent de gigantesques  concombres de mers. Un vrai plaisir. Par ailleurs, une bonne moitié des autres voyageurs a testé l’excursion pour aller à la rencontre des dauphins. Immergés et tractés par le bateau, ils se retrouvent aux côtés des cétacés qui s’amusent à suivre embarcation en mouvement. Bien que tous aient été enchantés de l’expérience, nous ne l’avons pas testée nous-même.

Pour ceux qui n’ont pas le pied marin, il est possible de se balader sur la terre ferme. À marée basse, nous nous sommes rendus de l’autre côté de l’île les pieds dans l’eau et en longeant les longues plages désertes parsemées de barques. Puis la remontée vers les bungalows se fait en traversant le village, ce qui donne lieu à de belles rencontres, que ce soient avec les villageois, leurs enfants ou toute une variété d’animaux qui gambadent librement.

D’ailleurs, nous croiserons un éleveur de coq qui entraîne ses protégés pour le combat (vous remarquerez les petits chaussons noirs sur les pattes des coqs. Le jour J ce sont des lames qui seront mises à cet endroit). Le combat de coq est toujours très populaire aux Philippines et attire les foules. Sur l’île, l’événement a lieu tous les dimanches et bien que ça soit le jour de notre départ, nous aurons le temps d’assister à un combat. Un grand terrain parsemé de palmiers et habillé en son centre d’un enclos voit les villageois se réunir en nombre. Se déroule alors tout un protocole pour sélectionner les coqs qui s’affronteront, les équiper, les faire contrôler par les arbitres avant de les lancer dans l’arène.

Enfin, pour les plus romantiques que la violence du combat rebute, les levers de soleil sur la plage offrent toujours d’éblouissants panoramas. Il faut cependant se lever de bonne heure, dès 5h ! Nous n’aurons le courage de nous lever aux aurores qu’une seule fois…  Les autres jours, nous profitons de nos grasses matinées et admirons le coucher de soleil depuis la plage ou notre bungalow. Après avoir aperçu les derniers instants de lueurs, nous n’avons plus qu’à rejoindre la belle table éclairée par les flammes dansantes des bougies pour un repas agréable entre convives. Nous avons rencontrés à cette occasion d’autres voyageurs vraiment sympathiques, de tous horizons, et dont l’une d’entre eux, Caroline, nous accompagnera quelques temps pour la suite de notre voyage.

Aller à Pamilacan, c’est prendre un billet pour se déconnecter de la frénésie qu’entraîne le voyage permanent. Plus d’horaires, plus de montres, pas de wifi, peu de touristes, rien de spécial à visiter. En un mot : la tranquillité. Aller à Pamilacan, c’est savoir quand on arrive, et se laisser le plaisir de ne pas savoir quand on la quittera (Nous pensions y rester 2-3 jours, et nous y avons finalement séjourné 5 jours). Un plaisir insulaire à vivre !

Petits conseils pratiques

  • Transport en bateau entre Bohol et Pamilacan, 2 options :
    1. Négocier son passage le Jour J avec un bateau ramenant des habitants allant au marché de Baclayon (Bohol) le mercredi (100 Php/pers)
    2. Arranger la traversée avec votre hébergeur (Pour un groupe de 5, nous avons payé 300 Php/pers ; soit 1500 Php la traversée Pamilacan-Baclayon)
  • Affaires à ne pas oublier : le nécessaire de plage (serviette, maillot de bain, crème solaire), anti-moustique, des livres et pourquoi pas une bouteille de rhum à partager lors des soirées avec les autres voyageurs
  • Prix des excursions : le sanctuaire de poissons (200 Php/pers), la nage avec les dauphins (400-500 Php/pers)
  • Prix du séjour sur place : 750 Php/pers/jour en pension complète chez WengWeng à Nitas Nipa Hut (tous les repas et l’eau sont inclus, boissons alcoolisés et sodas en extra)

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