Pluies torrentielles, glissades et fous-rires : l’aventure dans les rizières de Batad !

Après avoir profité des belles plages et des eaux turquoises de Palawan à Port Barton, El Nido et Coron, nous décidons d’échanger nos maillots de bains pour nos tenues de randonneurs et de partir découvrir l’arrière-pays du Nord Luzon. Ces montagnes offrent des occasions incroyables de promenades, et nous avons hâte de fouler de nos pieds les célèbres rizières en terrasse de la région d’Ifugao autour de Banaue et Batad. Vieilles de plus de 2000 ans, ces rizières (plus de 10 000 km2 !) sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO et ont été construites par les ancêtres des Ifugaos avec des outils très sommaires.

Conscients de la pente et de la hauteur de leurs montagnes, les Ifugaos se sont assurés de trouver un moyen de rendre leurs territoires propices à l’agriculture, et en particulier à l’exploitation du riz. Ainsi, les rizières en terrasses ont été pensées pour être alimentées par l’eau des forêts tropicales poussant aux sommets des crêtes et par les ruisseaux des montagnes. Des canaux creusés à la main s’assurent que l’afflux d’eau soit égal à chaque niveau de terrasse.

Malheureusement, après une nuit dans le bus depuis Manille, nous découvrons Banaue sous la pluie et la grisaille. Et malgré cette pluie incessante à la queue d’un typhon passé quelques jours plus tôt, nous décidons que nous ne pouvons pas passer à côté de la découverte de la beauté des rizières de Banaue et Batad. Nous espérons que le soleil nous rejoindra en route (espoirs vains !) et organisons un trek avec un guide local, Elmer. Nous choisissons le grand tour partant de Banaue et passant par Pula, Cambulo, Batad et enfin Bagaan ; itinéraire qui permet de marcher au sein de forêts et sur les rizières. Ce tour se fait usuellement en trois jours mais nous le condenserons en deux jours pour ne pas rester trop longtemps sous la pluie.

Au fil des heures

La 1ère journée nous offre quelques rayons de soleil et de la pluie par intermittence. Étant partis tard de Banaue (nous avions un faible espoir que la pluie cesse et avons démarré seulement à 10h), nous arrivons à destination à la nuit tombée (18h30) et traversons le village de Cambulo à la lampe de poche. Le soir, nous passons une agréable soirée en sympathisant avec d’autres randonneurs aux multiples nationalités et guides philippins à l’auberge où nous dormons.

Jour 1 :

  • Tricycle/Tuk-Tuk jusqu’au point de vue des rizières de Banaue (1h) et au début du chemin de randonnée
  • Marche dans la jungle et forêt jusqu’à Pula (4h)
  • Marche sur les rizières entre Pula et Cambulo (3h)

La 2ème journée s’entame sous une pluie diluvienne. Les imperméables ne nous protègent pas longtemps. Nous chanterons pour conserver notre bonne humeur et nous donner du courage. Le brouillard et les nuages nous envahissent pour de temps en temps s’éclipser et nous laisser profiter des vues. Trempés jusqu’aux os et les pieds pataugeant dans des marres de boues, nous tentons tant bien que mal de faire face aux éléments déchaînés. L’eau ruisselle partout et de nombreuses cascades se forment autour de nous ou sur le chemin de randonnée. Heureusement, la dernière heure du trek se fait sans pluie, et un rayon de soleil nous caresse cinq minutes avant la fin, comme pour nous féliciter d’avoir survécu à cette expérience. Le tricycle/tuk-tuk nous ramène à notre auberge de Banaue sur une route parsemée d’éboulis suite aux pluies des derniers jours.

Jour 2 :

  • Visite du village de Cambulo après le petit-déjeuner pour qu’Elmer puisse nous apprendre plus sur les maisons traditionnelles du village et la vie quotidienne des villageois
  • Marche sur les montagnes et rizières entre Cambulo et Batad sous une pluie très puissante (3h30)
  • Déjeuner dans un restaurant au-dessus de Batad – splendide vue malgré les nuages et la pluie
  • Marche de Batad à Bagaan (3h)
  • Tricycle/tuk-tuk pour revenir par la route à Banaue (1h)

Ressentis et retour sur expérience

Les paysages sont splendides. Nous nous sentions bien petits devant la splendeur des lieux, nos mots et photos ne traduisent que modestement cette magnificence. Les rizières sont tout simplement fascinantes, accrochées de manière surréelle sur des montagnes imposantes et infinies. Si la beauté de l’endroit ne peut qu’être sublimée sous des rayons de soleil, nous avons pu admirer la majesté de ces rizières malgré la pluie et la brume. Le site de Batad nous a particulièrement touchés.

Le sol était boueux et glissant, ce qui nous a demandé d’être très précautionneux pour éviter de glisser (en particulier aux endroits dangereux : bord de falaise, bord de rizières). Cela n’empêche pas Marie de comptabiliser 4 gamelles en deux jours ! Heureusement rien de grave : juste quelques bleus. L’appareil photo fut plus que très souvent caché dans le sac à l’abri des potentielles douches froides, ce qui explique les photos peu nombreuses.

Elmer fut un guide super sympathique et agréable, toujours souriant même devant les difficultés ou la pluie violente qui a de quoi saper le moral de plus d’un. Il nous a fourni de très nombreuses explications sur la vie des locaux, les traditions et le travail dans les rizières. Il connaissait aussi beaucoup de choses sur les plantes sauvages. Nous avons beaucoup aimé dialoguer avec lui et beaucoup ri ensemble en partageant sur nos différences culturelles. Sa présence était plus que nécessaire pour ne pas nous perdre dans les dédales des montagnes et des rizières et rassurante lorsque nous étions sous l’orage.

Comme de nombreux habitants des régions montagneuses du Nord Luzon, Elmer était accro au « moma » (et il l’a fait tester à Jérôme). Le moma semble être extrêmement similaire au bétel mâché en Birmanie, ici aussi il donne les dents rouges à ses adeptes. Les 4 ingrédients du moma :

  • feuille de menthe poivrée,
  • noix de bétel, appelée moma, qui donne la coloration rouge,
  • poudre blanche, faite à partir de coquilles d’escargots broyées, qui donne une saveur acide citronnée au mélange,
  • feuille de tabac.

Ces terrasses symbolisent une fabuleuse interaction entre le travail de la nature et celui de l’homme. Elles sont fascinantes par leur architecture et leur histoire unique. Nous avions déjà découvert celles des Incas au Pérou ou encore celles des Balinais en Indonésie, et celles des Ifugaos aux Philippines méritaient tout autant le détour, surtout que ces terrasses sont toujours fonctionnelles et utilisées par les locaux qui les entretiennent amoureusement.

Petits conseils pratiques

Voici tous les frais que nous avons payés pour ce trek de deux jours et une nuit en mars 2015:

  • 1000 Php pour le tricycle pour deux personnes et le guide (aller et retour).
  • 1400 Php/jour pour le guide (1200 Php/jour si on prend le guide pour 3 jours) – prix réglementés par l’office de tourisme
  • 50 Php/pers. Taxe environnementale de Batad
  • 250 Php/pers. Prix de la nuitée dans l’auberge à Cambulo (Chambre privée, salle de bain partagée avec eau froide)
  • Les repas sont non inclus. Nous avions pris des sandwichs avec nous pour le déjeuner du premier jour, nous avons dîné dans l’auberge de Cambulo le soir, puis déjeuner dans un restaurant de Batad le deuxième jour.

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