Siquijor (VISAYAS), notre coup de cœur magique

Siquijor : l’énigmatique île aux nombreux surnoms !

Siquijor, l’île légendaire, qui serait sortie de la mer au milieu de coups de tonnerre et d’éclairs.

Siquijor, l’île mystérieuse, la mystique ou même la maudite. L’île secrète des dieux.

Siquijor, l’île des sorciers, l’île de la magie noire, car elle accueillerait de nombreux sorciers cachés au cœur de l’île au sein de sa montagne et dans la jungle.

Siquijor, l’île des herbes médicinales, car les bons guérisseurs « mananambal » auraient remplacé les vilains sorciers.

Siquijor, l’île de feu, surnommée « Isla de fuego » par les espagnols en raison des lueurs que dégagent des essaims de lucioles cachées dans les mangroves.

Siquijor, l’île du roi boiteux en souvenir du souverain infirme qui y régna jadis.

Objet de superstitions et de légendes, l’île suscite de nombreuses réactions contradictoires. Elle est respectée et vénérée comme la source du mysticisme aux Visayas. Et pourtant, pour cette même raison, Siquijor est crainte par beaucoup de philippins. Nombreux sont ceux qui refusent de s’y rendre de peur d’en revenir maudits et ensorcelés.

Siquijor, c’est donc bien l’île aux milles surnoms ! Et celui qui nous semble le plus approprié : l’île de feu. Non pas pour ses lucioles (que nous n’avons pas vues) mais parce que c’est de Siquijor que nous avons pu admirer nos plus beaux couchers de soleil des Philippines, et je dirais même plus (Merci Dupont !), les plus beaux de tout notre voyage de 8 mois en Asie du Sud-Est. Les couleurs dans le ciel au moment de l’heure dorée sont tout simplement magiques et envoûtantes. Un ciel rougeoyant, parsemé de pourpres et roses étonnants, se reflète dans une mer d’huile. Nous avons été fascinés par ce spectacle trois soirs de suite.

Plus prosaïquement, l’île de Siquijor est au cœur des Visayas, accessible par ferry depuis Dumaguete ou Tagbiliran (Bohol).

Nous avons découvert l’île de Siquijor en compagnie de Caroline (Française), Alejandro (Colombien), et Lauren (Australienne). Elle est extrêmement facile d’accès avec une belle route faisant le tour de l’île (qui se fait facilement en une journée) et offre une variété d’activités : baignade à la fois dans l’océan et dans les eaux des rivières au pied de cascades, découverte de la mangrove, exploration de grottes mystérieuses et profondes.

C’est sur cette petite île coup de cœur que Jérôme a fêté ses 28 ans ! Nous en avons profité pour nous reposer, discuter avec nos compagnons de voyage et siroter des vodka-cononut dans des noix de coco fraîchement coupées en admirant de splendides couchers de soleil les pieds dans le sable. Mais l’île avait beaucoup plus que ça à nous offrir ! ^^

Exploration d’une journée : le tour de l’île à Scooter

Notre bougeotte perpétuelle nous a tout de même invitée à partir explorer l’île. Et c’est en scooter que nous en avons fait le tour à notre rythme (dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre) accompagnés de Alejandro et Caroline. Les paysages étaient verdoyants et l’air enivrant. Nous avons pris chaque « attraction touristique » comme une excuse pour nous arrêter et profiter de l’île dans sa diversité.

1er stop : Balete Tree. Un arbre immense et sacré, bordé par une petite piscine remplie de poissons prêts à vous offrir une pédicure gratuite. Alejandro est le seul courageux qui présente ses pieds quelques instants à ces grands gourmands.

2ème stop : Lazi Church & couvent. Rien d’immanquable. Nous nous attardons cependant dans le grand couvent vide aux sublimes parquets de bois massifs. Dehors, une fanfare s’entraîne et l’observation de lycéens espiègles nous amuse.

 3ème stop : Cambugahay  Waterfalls. Le lieu est très joli et s’atteint après une centaine de marches depuis la route. Nous y arrivons tôt (10h) et sommes donc parmi les premiers sur le site. L’endroit se remplira rapidement par la suite. C’est une des cascades les plus sympas que nous avons faites. On peut s’y baigner (il y a de la profondeur) et on peut sauter « à la tarzan » accrochés à une corde. Les gamins philippins s’amusent à faire des sauts toujours plus périlleux les uns après les autres. Ce lieu nous plaît beaucoup et nous avons du mal à le quitter.

4ème stop : Maria. Lunch dans une petite cantine au bord du marché de Maria. Rien d’enthousiasmant pour nos papilles. C’est vraiment dommage que le culinaire soit le point faible des Philippines, car sinon ce pays serait la crème de la crème !

5ème stop : Saladong Beach. Après avoir traversé, avec nos deux motos, une belle forêt d’arbres, nous arrivons à une sorte de plage aménagée. Tous les 4, nous y ferons une petite sieste à même le sable. L’eau est turquoise et nous fait de l’œil. Nous nous y jetons avec enthousiasme. C’est une des rares plages de l’île où il est possible de nager, sans avoir besoin de marcher des dizaines de mètres pour ne plus avoir pied. Deux plongeoirs (~ 7 mètres et 9 mètres d’hauteur) ont été aménagés sur une petite falaise. Jérôme et Ale s’amusent à sauter en y performant de belles pirouettes.

Nous continuons notre tour en longeant les belles côtes du Nord de l’île. Nous nous arrêtons brièvement à Larena et Siquijor (la petite ville) pour nous ravitailler en patisserie locale.

6ème stop : Guiwanon Spring Park. Un petit jeu de passerelles en bois qui permet d’admirer des mangroves, habitat de biodiversité (C’est incroyable le rôle des mangroves dans l’écosystème local!).

7ème stop : Danish Lagoon Luxury. Nous y achetons quelques verres espérant pouvoir y admirer le coucher de soleil. Finalement, c’est le personnel du lieu lui-même qui nous dit que l’on admirera le coucher plus facilement depuis Lala-O Bridge (à San Juan) qui se situe d’ailleurs à quelques mètres de notre guesthouse. Ni une, ni deux, nous nous empressons de nous installer sur la plage au pied du Lalo-O Bridge avec quelques rafraîchissements et apéritifs. Lauren nous y rejoint. Le coucher de soleil sera à la hauteur de nos attentes. Décidément, le secret le mieux gardé de San Juan à Siquijor c’est ses couchers de soleils flamboyants. Nous nous posons même la question si nous ne resterions pas un jour de plus juste pour assister de nouveau à cette palette de couleur fascinante.

Nous finirons la soirée en cuisinant un souper pour cinq. Cela fait tellement plaisir de cuisiner notre propre repas, même simple, après des mois à manger au restaurant midi et soir ! Jérôme se met aux fourneaux avec les moyens du bord et prépare de délicieuses pâtes et une salade concombre-tomate (Oui, c’est simple mais c’est bon!). Alejandro part acheter quelques brochettes de viandes pour compléter ce souper que nous partageons sur la terrasse de notre guesthouse en bord de plage. Nous bavardons dans la nuit, 5 citoyens du monde que nous sommes, réunis par le hasard et la majestueuse Siquijor.

Explorer les grottes de Siquijor

Après l’expérience de spéléologie réussie à Sagada, Jérôme avait très hâte d’explorer de nouveau les profondeurs d’une grotte. Ce matin-là, nous sommes trois (avec Caroline) motivés à aller jusqu’à Cantabon Cave (San Antonio). La route est bien sympa avec de splendides vues sur la mer entourant l’île. Nous jouons la carte de la prudence sachant qu’un accident de scooter est vite arrivé. Pour explorer la grotte, le port de casques et de lampes frontales est obligatoire et nous sommes obligés d’avoir recours aux services de deux guides. Au moins, nous sommes protégés et en de bonnes mains ! En plus, l’exploration se fera en groupe privé et nous sommes les premiers de la journée à nous y engouffrer, ce qui nous donne l’impression d’être des privilégiés.

Nous nous engageons dans la grotte. Le fun commence très vite : le passage est étroit et nous avons les pieds dans l’eau dès la première minute de marche. L’exploration durera 1h30 aller et retour. Il faut souvent se baisser, et même s’accroupir, pour avancer. Nous observons de belles formations rocheuses et de nombreuses stalactites/mites. L’eau qui ruisselle est claire et pure. La balade fut vraiment divertissante. Malgré quelques passages difficiles à négocier, la promenade est facile si l’on s’autorise à être bien mouillé, à se cogner la tête plusieurs fois (merci les casques !) et à utiliser ses 4 membres pour se déplacer dans les sections les plus délicates !

A la rencontre des sorciers de Siquijor

Nous ne sommes pas allés voir de Chaman/Sorcier – préférant respecter la foi de ceux qui croient et de ne pas être le touriste qui participe à une mascarade. Cependant, pour ceux qui s’intéressent au spiritualisme, aux herbes médicinales et aux rituels ethniques, il est possible de rencontrer des « sorciers/guérisseurs » à Siquijor. Pour quelques centaines de pesos, ils soignent les piqûres d’insectes, les maux de ventre, le stress, les ruptures amoureuses ou le chômage longue-durée.

A la découverte des richesses marines

Comme presque toutes les îles aux Philippines, Siquijor n’est pas en restes questions activités de snorkling et de plongée. Elle est aussi proche de Apo Island connue pour son sanctuaire de tortues. Nous n’avons pas exploré ses fonds car nous avions envie de sortir de l’eau après une bonne semaine à Pamilacan, mais nous ne doutons pas du plaisir qu’il peut y avoir à découvrir les coraux du coin et leurs habitants colorés.

Peu-importe ce que vous expérimentez à Siquijor, la magie du lieu vous semblera sans limites et peut-être que vous lui trouverez un surnom additionnel !

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