Transport et véhicules au Myanmar : un monde rocambolesque !

Le Myanmar (Birmanie) est un pays fascinant et nous ne savions pas trop à quoi nous attendre avant d’y mettre les pieds. Pour ceux qui, comme nous il y a quelques semaines, n’ont aucune idée de ce à quoi peut ressembler un pays si longtemps refermé sur lui-même, voici une série d’articles dans laquelle nous partageons quelques particularités du pays qui nous ont surprises et intéressées.

Les thématiques que nous aborderons seront les suivantes:

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Transport et véhicules au Myanmar : un monde rocambolesque !

 

La circulation

Fait amusant, au Myanmar on roule à droite mais seulement depuis 1974 – année où un général conseillé par son astrologue qui pensait que la droite lui était plus favorable décide de changer la loi. Nous pourrions nous attendre par conséquent à trouver des véhicules avec le volant à gauche, mais dans les faits la plupart des automobiles ont encore le volant à droite. En effet, le poids des habitudes fait que, même 40 ans plus tard, les locaux continuent d’acheter des voitures avec le volant à droite. Ceci est peu pratique mais au Myanmar les gens s’y sont habitués. Parfois on trouve un véhicule avec le volant au « bon endroit » qui se mêle à la circulation. Encore plus étonnant sont les bus qui, ayant un volant à droite, ont la porte pour les passagers à gauche… les passagers devant donc faire le tour du bus et rencontrer la circulation pour pouvoir embarquer ! Certains bus ont été adaptés avec une nouvelle porte découpée du bon côté ; mais une porte toujours fonctionnelle qui descend vers la circulation !

Dans la circulation dense de Yangon, nous avons été témoin d’une deux voies qui se transformaient en 4 voies en quelques secondes ! Les taxis tentent comme ils peuvent de se frayer un chemin parmi les embouteillages et n’hésitent pas à empiéter sur les voies inverses.

Par ailleurs, nous avons remarqués que les voitures sont quasiment toutes blanches ! Cette couleur serait préférée pour son côté moins salissant (est moins marquée par la poussière des routes).

Les véhicules à deux roues

Les scooter/motos/véhicules motorisés à deux roues sont interdits à Yangon ; ce qui est plutôt unique dans une grande ville d’Asie. D’après les rumeurs, un général aurait interdit ces véhicules car ils représenteraient une menace ; il est bien plus facile de s’échapper de la circulation de Yangon en deux roues qu’en voiture. Malheureusement, cette interdiction n’aide pas à fluidifier le trafic plutôt chaotique.

La question du véhicule à deux roues est aussi un point étonnant au Myanmar. Ainsi, la location de ces véhicules aux touristes est interdite dans certaines villes/régions et autorisée dans d’autres. Par exemple, il est interdit d’en louer autour du lac Inle, Bagan, et Mrauk-U mais autorisé d’en louer à Mandalay ou Hsipaw. Nous n’avons pas eu d’explication claire sur cette problématique. Nous supposons que la junte désire contrôler les mouvements des touristes et que le véhicule à deux roues motorisé leur donnerait trop de liberté de sortir des sentiers battus.

Concernant l’usage de la moto, il est très courant (comme dans les pays voisins d’Asie du Sud-Est) d’apercevoir des motos surchargées en passagers et bagages. Il est aussi amusant de voir les femmes passagères ne pas hésiter à grimper en amazone (c’est plus facile avec un longyi ou une jupe !) à l’arrière du conducteur.

Les longues distances et le bus

Les distances au Myanmar ne se comptent pas en kilomètres mais plutôt en heures de route ; l’état des routes pouvant être lamentable, certaines ne sont pas encore goudronnées. Il est cependant à noter que les infrastructures semblent s’améliorer. Les temps de trajets annoncés dans les guides touristiques se sont raccourcis considérablement. Même les locaux qui nous ont vendus des trajets ne semblent pas toujours être au courant des améliorations constantes des routes ; ainsi nous a été annoncé un trajet de 10h entre Shwe Nyaung et Mandalay qui n’a finalement duré que 7h  ou encore un trajet de 4h entre Nyang-O (Bagan) et Magwee qui ne dura que 2h. D’ailleurs, au cours de notre séjour, nous avons croisé à de nombreuses reprises des personnes travaillant à paver les routes.

Les principales liaisons entre les grandes villes au Myanmar se font en bus de nuit. Étonnamment, ces bus de nuit arrivent toujours à des heures improbables à la destination (aux petites heures de la nuit entre 2h et 5h du matin). Les trajets sont extrêmement contrôlés par la junte. Ainsi, des photocopies de nos passeports sont remises à tous les postes de contrôle, nous sommes traqués ! Par ailleurs, ils existent dans de nombreux trajets des péages informels, le bus ou le mini-van ralentit, l’assistant passe la main par la fenêtre et transmet de l’argent au « collecteur » de péage. Ils sont parfois si nombreux qu’on se demande si des gens n’ont pas juste décidé d’instaurer des barrages selon leur bon vouloir sur les routes !

Un trajet en bus au Myanmar peut s’avérer très cocasse lorsque l’assistant du chauffeur décide d’allumer la télévision partagée pour diffuser des prières bouddhiques suivi de musiques karaoké ou encore de série-B birmanes ; les passagers étant très friands de ces émissions. Nous n’en comprenons évidemment pas un mot mais nous nous amusons à refaire les dialogues de manière décalée. Parfois, ils ajoutent des mini-chaises en plastique dans l’allée d’un bus plein pour augmenter le nombre de passagers possibles. La convivialité est alors au rendez-vous.

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