Une ruelle, des tongs, une douzaine de bambins : let’s play!

C’est fou comme l’on peut être créatif quand on est gamin. On est capable de jouer avec pas grand-chose. Et heureusement, car les enfants au Myanmar n’ont pas vraiment de jouets. Mais il y a une chose que tous possèdent et qu’ils ont transformé en formidable jeu : des tongs!

Ravis par la visite des temples de Mrauk-U de la veille, nous décidons de partir arpenter les ruelles habitées de la ville afin de sentir un peu mieux le pouls de cette bourgade et découvrir le mode de vie des habitants. Au cours de la balade, nous apercevons un attroupement d’enfants. Nous nous approchons. Ils semblent taper dans quelque chose avec leur pied. Du football? Non, ça ne bouge pas assez et le terrain est trop petit. De plus, ils visent quelque chose au milieu et nous ne voyons pas de ballon. Nous nous approchons encore pour nous glisser (aussi discrètement que possible… c’est raté!) parmi la poignée d’autres gamins qui observent le jeu. C’est de la pétanque… avec quelques variantes! Nous surnommerons ce jeu la « Pétong ».

Le terrain ne nécessite que quelques mètres dans une rue non pavée. Au milieu, un cercle tracé dans la terre dans lequel sont disposés des élastiques noués qui font office de cible (et de mise) et remplacent le cochonnet à viser. A 2 mètres de part et d’autres du cercle sont tracées deux lignes dont l’une sert de point de départ (comme le petit trait que l’on fait à la pétanque). Et enfin, chaque joueur dispose d’une munition, non pas constituée d’une traditionnelle boule d’acier, mais plutôt de l’une de ses tongs.

Le but est de faire sortir les élastiques du cercle pour les gagner. Regroupés derrière l’un des traits, les joueurs lancent à tour de rôle et à la main leur tong. Celle-ci doit survoler le cercle pour arriver derrière le trait d’en face. L’étape suivante consiste à frapper la tong avec son pied depuis son point de chute pour qu’elle aille percuter les élastiques et les fassent sortir du cercle. Celui ayant la tong la plus éloignée du cercle commence. Évidemment, plus la tong est éloignée, plus il est difficile d’atteindre le butin, surtout avec les autres chaussures vous barrant le passage. Mais si votre tong est la plus proche, vous êtes le dernier à tenter votre chance et la mise peut voir déjà été raflée. Il faut bien choisir sa tactique!

Jérôme, qui a attentivement observé le jeu pour en comprendre ses règles se lance dans la partie. N’ayant pas d’élastiques sous la main, il misera avec des bonbons pour le plus grand bonheur des autres joueurs. Et rouler jeunesse! 1er jeu, pas de gain. 2ème jeu, pas de gain. Il est bien parti pour se faire plumer… Entre temps, la nouvelle circule dans le quartier et le nombre de spectateurs a soudainement doublé pour venir voir cet étranger jouer au jeu local. Marie de son côté en profite pour prendre des photos de cette foule enthousiaste. 3ème partie, 3 élastiques fièrement remportés et aussitôt gentiment redistribués aux autres joueurs. Il semblerait cependant qu’un des plus grands ait demandé aux plus jeunes de laisser Jérôme gagner sur ce coup-là… Ils continuent encore quelques parties.

Au final, nous nous sommes amusés une petite demi-heure avec ces jeunes. Nous sommes ravis d’avoir pu partager un moment de complicité avec eux en dépit de la barrière de la langue. Et cette joie semblait réciproque. Comme quoi, il ne faut vraiment pas grand-chose pour s’amuser.

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